Le mois de juin est arrivé, ce qui veut dire que la saison de la construction bat son plein. Qu’il s’agisse de mettre la touche finale à un immeuble commercial, d’enfouir de nouvelles conduites d’égout ou de réaliser tout autre type de travaux, une chose est sûre : le coût de bon nombre de ces travaux sera plus élevé.
Examinons certaines de nos données clés pour nous faire une idée de l’augmentation des coûts que ces projets de grande envergure pourraient entraîner pour les gouvernements et le secteur privé et de ce qu’en disent les entreprises du secteur de la construction.
Le tiers des entreprises de construction prévoit une augmentation de leurs ventes et de leurs prix
Tous les trimestres, l’Enquête canadienne sur la situation des entreprises pose des questions sur les attentes, les obstacles et d’autres sujets aux entreprises de tous les secteurs.
Au cours du deuxième trimestre de 2026, près du tiers (32,7 %) des entreprises du secteur de la construction s’attendaient à augmenter le prix de leurs services au cours des trois prochains mois, un peu plus de 3 entreprises sur 5 (61,4 %) ne prévoyaient aucun changement et une très faible proportion (5,9 %) des entreprises prévoyait diminuer leurs prix.
Un peu plus de 1 entreprise de construction sur 4 (26,8 %) s’attendait également à une augmentation de ses ventes au cours des trois prochains mois, plus de la moitié (56,5 %) ne prévoyaient aucun changement et 16,8 % s’attendaient à une diminution de leurs ventes.
Les dépenses devraient surpasser les revenus et la plupart des entreprises citent des obstacles liés aux coûts
La principale raison qui pousse certaines entreprises de construction à augmenter leurs prix est souvent la hausse constante des coûts d’exploitation. Au cours du deuxième trimestre de 2026, la proportion d’entreprises qui s’attendaient à ce que leurs frais d’exploitation augmentent (46,5 %) au cours des trois prochains mois était presque deux fois plus élevée que celle des entreprises qui s’attendaient à une hausse de leurs revenus d’exploitation (24,1 %).
En outre, les entreprises de construction étaient plus de deux fois plus susceptibles de s’attendre à une baisse de leur rentabilité (32,1 %) plutôt qu’à une croissance de celle-ci (13,3 %) au cours des trois prochains mois.
L’inflation, citée par plus de la moitié des entreprises de construction (53,0 %), était l’obstacle le plus attendu au cours des trois prochains mois, suivi des coûts liés au transport (39,4 %), des coûts des intrants (32,7 %) et des fluctuations de la demande des consommateurs (30,6 %).
Parmi les entreprises de construction ayant cité les coûts des intrants comme obstacles, plus de 3 d’entre elles sur 5 (61,8 %) ont indiqué que le coût des matériaux bruts serait un obstacle au cours des trois prochains mois, alors qu’une proportion plus faible a cité les coûts de la main-d’œuvre (58,3 %), les coûts de l’énergie (48,1 %) et les coûts en capital (18,9 %).
Le prix des carburants affiche une hausse marquée et le prix d’autres matériaux augmente également
Statistique Canada suit l’évolution du prix de divers intrants fabriqués au Canada au moyen des indices des prix à la production. Même si les entreprises de construction canadiennes peuvent recourir à la fois à des matériaux et à de l’équipement intérieurs et importés, l’évolution des prix sur le marché national peut nous donner une idée des pressions sur les prix.
Les prix des carburants qui demeurent élevés pourraient exercer une pression à la hausse supplémentaire sur les prix à la production et sur les prix que les entreprises de construction exigent pour leurs services. Le conflit qui a éclaté à la fin de février au Moyen-Orient a accru les prix du pétrole brut et, par conséquent, des produits énergétiques.
Les prix des machines et du matériel pour l’exploitation forestière, la construction, l’exploitation minière et l’exploitation des champs pétroliers et gaziers (y compris les grues, les bétonnières et le matériel d’asphaltage routier) (+5,2 %) et des matériaux en métal pour les bâtiments et la construction (+2,2 %) ont augmenté en avril par rapport à l’année précédente, tout comme les prix des produits du ciment, de verre et d’autres produits minéraux non métalliques (comme le gypse) (+0,8 %).
Le prix de l’asphalte (sauf l’asphalte naturel) et des produits d’asphalte a également connu une faible hausse (+1,9 %), alors que celui des camions de poids moyen et de gros tonnage a légèrement diminué (-1,0 %).
Les entrepreneurs augmentent leurs prix
L’Indice des prix de la construction de bâtiments mesure l’évolution des prix demandés par les entrepreneurs.
Au premier trimestre de 2026, les entrepreneurs ont exigé des prix supérieurs de 3,6 % à ceux observés au cours du même trimestre un an plus tôt dans la construction non résidentielle (moyenne pour tous les types de travaux) dans 15 des régions métropolitaines de recensement (RMR) les plus populeuses. Les prix ont augmenté le plus à London, en Ontario (+8,7 %), à Québec, au Québec (+6,9 %) et à Saskatoon, en Saskatchewan (+5,0 %).
Les variations de prix moyennes dans les 15 RMR différaient également en fonction du type de travail. L’augmentation la plus importante a été enregistrée dans les charpentes en acier (+10,3 %), suivie de la fabrication de produits en métal (+8,6 %). À l’inverse, les prix ont peu varié dans le cas des travaux électriques (+0,6 %) alors que ceux des travaux de lutte contre les incendies étaient plus faibles (-6,2 %).
Le prix de tous les types de travaux a connu des variations en fonction du type d’immeuble et de matériaux utilisés. Par exemple, les composantes en acier ont été touchées par des contre-mesures de rétorsion tarifaire pendant une bonne partie de 2025.
Les prix de la construction devraient augmenter en 2026
En 2026, les dépenses en immobilisation liées à la construction d’actifs non résidentiels devraient atteindre 133,8 milliards de dollars dans le secteur privé et 140,2 milliards de dollars dans le secteur public. Il s’agit d’une augmentation par rapport à 2025 dans les deux cas.
Les plus récentes données concernant les dépenses en réparations datent de 2024, lorsque 26,4 milliards de dollars avaient été dépensés dans des actifs privés, en baisse par rapport à 28,6 milliards de dollars en 2023. À l’inverse, les 21,2 milliards de dollars dépensés en actifs publics représentaient une augmentation par rapport aux 20,1 milliards de dollars enregistrés l’année précédente.
Pour en savoir plus
Consultez notre portail Statistiques sur la construction et notre Portail des indices des prix à la consommation pour connaître les dernières données et analyses.
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